+ d'archives

Mardi 31 mars 2009

Mon algèbre

J'apprends à calculer le sens de l'existence
Mais je suis débutant pour tant d'opérations.
Personne ne m'a appris à gérer la constance
Ou même à diviser mon coeur par les passions.

J'intègre tant de gens et leurs noms s'accumulent.
La somme à l'infini ne me rend pas malin...
J'en oublie la moitié et le reste s'annule.
Retour au point zéro : moi moins toi égale un.

De tout ce que je sais, les maths et la physique,
Rien ne m'a préparé à dériver mes choix
En fonction continue dans une vie classique.

Je développe au mieux les hasards qui m'échoient :
Si tu sais projeter mon bonheur sur demain,
On pourrait partager quelques facteurs communs.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

Tandoori et vodka, seconde prise.

J'ai commencé par une odyssée parisienne, un chemin qui me fait aimer la ville, à pied, malgré le ciel couvert. Quelques conversations chopées au vol, quelques images capturées au passage, des visages, des silhouettes. La ville m'offre ses bâtiments, sa foule. Les touristes s'amusent et m'amusent.
Pyramides, Palais du Louvre, Pont des Arts, Saint Michel, puis arrivée Contrescarpe. Achats en chemin (thé et jdr) puis cocktails à l'arrivée. PirW m'appelle : en retard. Emi m'appelle : Seb en retard. So what? ça arrive... Je suis pas démuni... L'attente me convient. Attendre, attendre, je sais faire. J'en profite même pour finir Fight Club. Je regrette juste qu'il fasse un peu frais. Avec un brin de soleil et quelques degrés de plus, le moment serait vraiment ultime. Mais là, je frissonne. Je repense à ma semaine.

Seb arrive. On papote et boit. On parle un peu de la semaine. De l'avenir aussi. Du boulot quand même. J'avoue que, professionnellement, j'aimerais croire que je suis à un "tournant". Cela dit, rien n'est entre mes mains. Je suis dans un véhicule roulant à tombeau ouvert et sans pilote. Et tout ce que je contrôle, au mieux, ce sont les essuie-glaces. Alors OK, les essuie-glaces, c'est important, mais ça nous sauvera pas. Enfin bon, c'est pas mon boulot le sujet de la réu. On recentre ça sur le rapport entre réalité des bonhommes et quadrillage. Sujet métaphysique s'il en est, surtout après des Blue Lagoon et des Tequila Sunrise... Autant dire que la réu prend une tournure moins professionnelle qu'on aurait pu vouloir. Heureusement, Flu et PirW nous rejoignent et on va manger Au hasard de nos déambulations et de nos délibérations, c'est un restau indien dans lequel nous nous installons.

Puis on enchaine, avec Emi et CouG, sur notre bar "en haut sur la montagne", là où la vodka est au caramel (ou à la menthe). Flu et moi, on gonfle tout le monde avec nos blogs (tant qu'on y est, autant que ça serve à quelque chose). Dans la fumée et la salle bien remplie, l'heure tourne. Coug rentre. On raccompagne Seb et Emi au RER. Restent le trio WW : PirW, Flu et XS. On marche un peu histoire de trouver un point de chute, mais rien ne nous convient : trop de monde, pas assez... Je crois que j'ai mon compte et je m'avoue vaincu. On rentre aux Noctambus. Bon, moi je rentrerais bien à pied mais mes comparses me convainquent que marcher c'est chiant finalement. Et c'est vrai que bon, j'ai déjà donné dans le domaine.
Suivant leurs conseils, j'abandonne donc lâchement mes deux compagnons pour sauter dans le E qui passait là. Il me ramène sur mon territoire. Encore quelques pas. Quelques minutes. Il faut toujours un poil trop froid pour que je profite à fond de l'instant. Cette soirée, ces rues, ces airs dans ma tête. C'est la même chose cent fois. C'est le sillon de l'habitude dans lequel je m'engouffre sans réfléchir, et avec joie même. Ma rue, mon marchand de journaux, mon immeuble, mon étage, ma porte, mes clés, mes chats... En allumant mon ordi, je repense à Tyler Durden et je me demande, secrètement, si mon gourou intérieur n'a pas pris le contrôle de ma vie, pour le meilleur et pour le pire : je porte une force qui me dépasse.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

I am Joe's Stupid Blog

Chuck Palahniuk est un auteur génial. Je l'ai déjà dit, je l'ai déjà répété, et on m'entendra encore insister longtemps sur ce point je crois.
Et après avoir lu Monstres invisibles, Survivor, Choke et Lullaby, je me suis enfin décidé à attaquer Fight Club, son premier roman.
Alors OK, j'avais déjà vu le film, donc forcément, je ratais la moitié de la surprise, du brio même, du livre. Mais quand même, c'est brillant. Le style est brillant, on retrouve le ton fidèlement repris par le film, avec quelques petits plus qui n'aurait pas été adaptables à l'écran. Le personnage de Marla est encore plus déjanté. Le héros est vraiment complètement "fucked up". Et Tyler Durden est une bombe humaine... L'histoire est racontée brillamment et c'est une lecture savoureuse même quand on connaît la chute du livre (que je me garderais de révéler ici)...

Donc si vous n'avez pas lu Fight Club, arrêtez tout de suite de perdre votre temps avec ce blog débile et faites plutôt un truc bien dans la vie : lisez Chuck Palahniuk.
On vous aura prévenu.

"That old saying, how you always kill the one you love, well, look, it works both ways."

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

Travailler. Ou pas...

Jeudi matin. Je m'éveille épuisé de l'examen de chinois. Non pas épuisé physiquement, même si j'ai dû dormir avec une mauvaise position et que j'ai l'épaule toute courbaturée. Mais épuisé mentalement. Je n'ai plus envie de tenir les rênes de mon existence. j'ai, peut-être, trop exigé de moi ces derniers jours alors jusqu'au week-end, c'est décidé, je me laisse porter.

C'est un renoncement agréable : je ne suis pas né pour vivre dans l'effort. Je n'aime pas m'obliger à aller au-délà de mes limites. La contrainte, parfois, m'aide à me dépasser, mais mon naturel flemmard et mon "laisser-aller" inné reviennent au galop.

Donc Jeudi pas super productif : MarL prend le relai sur le projet Rat Sca et ça me soulage bien. Pas de vraies nouvelles d'InfC anyway. A midi, des nouvelles d'ExF, qui peut pas venir pour le déjeuner. Il aimerait qu'on se voit le soir. Bof, je botte en touche : suis pas assez en forme pour ça (je veux dire nerveusement). Peut-être demain? Lâchement, je sais que ça ne se fera pas, pas vraiment. Mais bon, on s'est compris. On se verra ptet un jour, mais c'est pas pressé. Ouf.

Comme je chatte un peu au bureau et que je pars tôt, la limite entre boulot et maison s'efface un peu. Je chatte avec un blogueur un peu fou, mais très marrant. On se dit qu'on se verra ce WE sans doute. J'aurai voulu un café en terrasse, mais je crains que le temps ne le permettra pas... Tant pis.

Corvée quand même : je parviens à me résoudre à changer la litière des chats. Pfff... Pour me remettre, DVD de Babylon 5. La terre est reconquise. J'ai presque fini la 4ème saison. Va falloir songer à me rationner (mais bon j'ai quand même Band of Brothers en réserve pour tenir)...

Puis appel d'un autre blogueur avec qui j'avais bien chatté Dimanche. On papote pendant au moins 3 heures, sans pouvoir trop décrocher. On se dit 4 fois au revoir, et à chaque fois la conversation redémarre "toute seule". La fatigue qui s'installe est de la bonne fatigue, celle qui me porte dans  les meilleurs moments. Je suis bien. J'ai l'impression que lui aussi. Forcément, oui, j'ai envie qu'on se voit. Il part en WE. Donc plus tard. Mais c'est pas grave car tout ça me semble atemporel anyway. La durée est un bienfait. Le délai fait déjà partie de l'histoire et l'obstacle ajoute une valeur à tout ce qu'il touche... Viendra le temps de la rencontre, quand on pourra, quand il faudra, au moment venu...

Well, oui, j'avais déjà prévu de croiser quelqu'un ce WE, je sais. Mais bon, c'est pas la mort. Je suis pas vraiment dans l'optique "coucherie" ou "boyfriend" à 100%. En fait, je suis dans aucune optique. Je crois qu'il faut laisser les histoires se développer comme elles veulent. Comme par magie, comme une alchimie. Et puis deux rencontres possibles, ça va, quand même : je suis pas  en mode "frénésie". Jene suis pas non plus un "stakhanoviste" de la rencontre, comme dirait l'autre...

Anyway. Couché tard. Vendredi matin. Réveil un peu dur. On recommence une journée tranquille : petit speed quand même côté boulot, puisque demande de dernière minute, plus traduction, plus deadline Rat Sca. Mais la tourmente n'est qu'une bourrasque que je traverse, tête haute, sans problème.

Sushi. Après-midi relax. On papote avec SwiJ, et même avec quelques dévs, la folie quoi. Je chatte, blogue. Ce soir, réu de "semi-boulot" jdr, puis arrosage massif à la vodkaramel. Yum yum!! J'ai hâte. Je pense que c'est le genre de rituel qui me permettra de me "laver" de la fatigue nerveuse, matinée de flemmingite aigüe, que je traîne depuis Mercredi soir. En fait, j'hésite même à partir tôt pour passer m'acheter du thé et des bouquins de jeu de rôle... Consommer me ferait du bien. Oui, en bon petit homme moderne, dépenser des sous pour des trucs dont je crois avoir envie me soulage, me purifie. C'est un rituel infaillible.

Donc là oui, on peut dire que je suis vraiment en massive hésitation existentielle. Trop dure, la vie.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

L'homme moderne

L'homme moderne est technophile, technophage. Il vit les choses quand elles se passent, et même avant parfois. Il vit au rythme du monde, connecté au bourdonnement incessant des progrès et des incidents.

L'homme moderne n'existe pas en un endroit précis. Il est au moins à moitié dématérialisé : une boite vocale, des comptes internet, des messageries partout. Il habite les objets, il habite le réseau. Il a résolument délocalisé une partie de sa mémoire sur son ordinateur, une partie de ses connaissances sur le web, une partie de sa vie dans des mondes virtuels.

L'homme moderne croit que son corps n'est qu'une interface. Il est extropien ou transhumain, au minimum. Il a un esprit qui peut tellement, un esprit qui le dépasse. L'homme moderne est un boulet à la traîne de ce qu'il pourrait être.

L'homme moderne, il pense beaucoup mais ne fout pas grand chose, au final. Il s'envole dans l'éther, surfe sur l'immatériel, plane sur le spirituel. Il revient parfois nous dispenser ses enseignements et partager ses visions.

L'homme moderne, je crois que tout le monde s'en passerait bien, en fait.

L'homme moderne, s'il pouvait aller prendre des vacances dans son monde à lui et arrêter de venir nous casser les couilles, on ne s'en porterait pas plus mal.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

Le raz-de-marée des possibles

Pour ce que j'en sais, les choses étaient plus simples avant.
Plus simples parce que plus limitées. On ne quittait pas son village. On épousait un voisin ou une voisine. On avait des enfants. On les élevait pour reprendre la succession. Repeat.
Je ne dis pas que les gens "n'habitaient" pas leur existence. Certes, leurs vies étaient pleines, pleines d'eux et de leurs choix.
Seulement, ils avaient moins de choix.
Je crois qu'en fait, les choix, étant plus restreints, avaient un enjeu plus lourd, plus significatif.
On pouvait croire au positivisme, je pense : Savoir pour pouvoir, pouvoir pour agir...
Oui, on pouvait gagner de la liberté de choix par le savoir. Ascension culturelle, ascension sociale.
Science, progrès, machin tout ça...

Et puis, quelques révolutions plus tard, nous voilà maintenant. Aujourd'hui.
Plus besoin de savoir, ou si peu. Parce que la technologie sait pour nous.
Nous sommes des nains sur les épaules de géants.
Pour l'essentiel d'entre nous (et quand je dis nous, je dis "les gens comme moi, jeunes européens pas à plaindre, qui vivent bien loin des logiques de survie et qui n'ont rien à foutre qu'à surfer sur des blogs à la con, bande de glandeurs!"), nous n'avons pas besoin de savoir grand chose pour voir tous les possibles s'ouvrir devant nous.
Enfin... quand je dis tous les possibles... Je dis tout ceux que la société s'accorde à nous laisser... Sans doute pas les choix les plus importants. Mais largement de quoi nous occuper pendant une vie ou deux.
Culture, connaissances, voyages, rencontres... On n'épuisera jamais tout ce qui s'offre à nous.
Et dès qu'on pose le pied quelque part, crash, il y a une nouvelle vague qui arrive pour nous emporter dans l'océan des possibles.
Car si tout est possible, on n'atteint jamais le maximum, l'optimum. Il y a toujours un possible "meilleur" à rechercher.
Bon, j'ai déjà expliqué ce que je pensais de cette accumulation. Ce qui m'intéresse plus maintenant, c'est de parler de la différence entre "le possible" et "le souhaitable".
J'ai l'impression confuse qu'aujourd'hui, il n'y a plus vraiment de possibles à conquérir. Aucun intérêt pour "nous" (cf définition précédente) de "savoir pour pouvoir". On sait suffisamment, et ce qu'on ne sait pas, on peut le trouver sans trop de difficulté. Et on peut suffisamment.
Le problème, maintenant, est plus de savoir brider son ambition. De se fixer "un objectif acceptable". De se dire que les possibles ne sont pas tous interchangeable. Qu'il n'est pas utile de tous les essayer, de tous les cumuler, de tous les étudier.

On est brusquement passé (enfin brusquement, j'exagère) de la situation d'un homme qui n'aurait qu'un livre à celui qui aurait tous les livres du monde et même plus.
L'homme qui n'a qu'un livre et un seul pour toute son existence, un livre qu'il lirait relirait, adorerait chérirait connaîtrait par coeur dans la moindre ligne, le moindre symbole. Il en imagine le moindre prolongement, en explore le moindre recoin. Ce livre devient une part centrale de sa vie.
L'homme qui a tous les livres du monde ne sait jamais quoi lire. Il les confond tous et ne les lit qu'à moitié pour en lire plus. Aucun n'a de vraie importance à ses yeux.
Bon, je schématise. On ne vit jamais à un extrême ou à l'autre. Quelque part entre les deux.
Mais globalement, je reste assez persuadé que c'est la contrainte, l'obstacle, "le non-possible" qui donne de la valeur aux choses.

Alors bon... je vais pas prêcher pour la suppression d'internet, pour la mise en place de barrières ou d'obstacles inutiles. Je dis juste que si on ne se fixe pas à soi-même des limites, on se noit dans l'océan des possibles.
Se fixer des règles, des principes, pour mieux apprécier ce qu'on a. S'engager pour aller plus loin. C'est un peu la théorie du commitment , comme quand on prend un abonnement pour ne pas avoir à refaire l'acte d'achat à chaque fois. On prend une décision "à l'avance", "en théorie", pour résoudre tous les problèmes pratiques futurs...

Moi je suis comme ça. C'est ce que j'appelle la fidélité à moi-même. C'est comme la fidélité dans le couple : une règle qu'on choisit de se fixer (ou pas) et qu'on s'engage à respecter.
Jusqu'au jour où...
Parce que oui, la fidélité, moi, je crois pas que ça soit "à la vie à la mort et tout et tout"... Le "moi en pratique" trahit toujour le "moi en théorie". Tôt ou tard.
Pour moi, la fidélité, c'est un pacte "renégociable". Quand je trahis mes propres règles, mes principes (et ça arrive), c'est signe qu'il est temps de redéfinir qui je suis. Redéfinir mes limites, mes bornes. Ce n'est pas une compromission, un renoncement. C'est une réévaluation. Une petite révolution parfois, une simple évolution d'autres fois... On change. Le modèle qu'on fait de soi change aussi. On s'adapte. C'est normal. (et pareil, je crois, dans une relation : on est fidèle jusqu'au moment où... et là il faut se remettre un peu en cause).

Attention, je ne dis pas que la fidélité est inutile (ou dépassée). Je ne dis pas que l'engagement ne sert à rien. Je dis que les infidélités sont inévitables. Elles nous définissent (nous redéfinissent) au moins autant que les règles et principes qu'on s'est choisis. L'histoire qu'on vit, c'est l'histoire de nos infidélités bien plus que celle de notre fidélité... (il y a plus à dire sur les péripéties que sur la continuité)

Cela dit, pour pouvoir avancer à coup d'infidélités, à coup de correction de principes, il faut déjà s'être restreint, s'être choisi. S'être dit : "Ceci est moi, mais cela, non."
Je crois au pouvoir de la servitude volontaire, des limites librement consenties, des bornes qu'on se fixe pour le plaisir, des règles qu'on a choisies comme ça... C'est la seule digue que je connaisse qui me permette de tenir, dans mon petit domaine, face au tsunami des possibles qui déferlent sur ma vie.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

More trials

Voilà une journée que je suis content de finir.
Boulot bof : j'ai vaguement révisé et patienté, genre calme avant la tempête.
Puis finalement, l'examen écrit de chinois. 2 heures intensives. Pleins de questions que j'ai pas comprises.
Résultats la semaine prochaine, avec l'épreuve orale. De retour à la maison, naze, je feuillette Chuck Palahniuk sans vraiment lire, la honte, un vrai zombi.
J'ai la tête pleine de sinogrammes improbables. Je dors debout.
Je me demande confusément dans quel but je m'impose ce genre de truc...
Là, pour le coup, la fatigue nerveuse que j'éprouve n'est plus du tout celle qui me porte et me pousse à écrire, jouer, ou lire, sans jamais dormir. Je me sens incapable de me projeter, incapable de vouloir.
Une loque.
Ca ira mieux demain. Ou pas.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

Rien ou presque

D'abord, journée révisions.
Parce que oui, vu que globalement, le taf avance sans moi ou presque, révisions.

Déjeuner avec ManI, qui s'était fait salement virer de ma boite il y a plus d'un mois, en toute fin de période d'essai, et sans préparation aucune. Aujourd'hui, elle est rayonnante alors qu'avant... Comme quoi, le boulot, parfois, ça mine la vie des gens. Enfin, bon, je pense pas que le chômage soit particulièrement épanouissant non plus (vu l'activité que je me suis imposée pendant mes mois post-licenciement, je pense avoir testé les limites de ce gros préjugé). En tout cas, c'était l'occasion de me réchauffer côté malfaisance (pour ceux qui l'ignorerait, la malfaisance est, chez les gens avertis, l'art de médire sur le dos des gens en leur absence. Faudra que je fasse une note là-dessus) : les oreilles de certains ont dû salement siffler. Y a pas à dire, ça libère.

Puis re-révisions (oui, il faut). Consternation devant le tonneau des Danaïdes qu'est ma mémoire. Cela dit, je me console en chattant un peu, ce qui, depuis le boulot, n'est pas top certes. Mais bon, ça m'évite de prendre la tête à mes collègues qui, eux, ont du boulot à pas savoir quoi en faire... (mais bon, moi je suis ni graph, ni dev)

Puis "récré". Soirée babysit avec NevQ et NevH. D'abord je les fais manger. Ils sont excités comme des puces bien sûr, parce que c'est pas tous les soirs que je viens les voir. Je joue un peu avec NevH qui rapidement veut qu'on regarde des cassettes vidéos : Tchoupi et Doudou, je vous raconte pas comme c'est sopo, mais bon, pour une fois que NevH semble attiré par un truc qui ne met pas en scène des monstres atroces ou des méchants sadiques... (car oui, lui, son truc a toujours été de s'identifier aux méchants pas beau cruels... allez savoir pourquoi).
Pendant ce temps, NevQ est scotché à ma GBA et il s'extasie devant les performances de ses Pokemons. Il vient me demander des conseils quand il est en difficulté. Je l'aide à écrire les noms des bestioles qu'il capture. Comme d'hab, on dépasse largement l'heure du "au lit" et je dois me battre pour éteindre la télé, la GBA, puis les amener au lit. Je leur lis une histoire qui fait peur (enfin presque peur, puisqu'ils savent que ça finit bien). L'histoire finie, NevH fait de la gym sur son lit. Je parviens à le faire se coucher. Mais il ne dormira pas, me promet-il en fermant des yeux déjà lourds. "Je vais juste me reposer" J'acquiesce en me marrant intérieurement. NevQ est plus retors. Il est prêt à dormir, mais son esprit carbure à 20.000 à l'heure. Il m'assène une rafale de questions sur la partie de Pokemon qu'on a sauvegardé. Quand est-ce que Plantiflore va évoluer? Comment fait-on pour aller dans la mer? Quel pouvoir permet de couper les arbres? J'esquive et je dévie les questions histoire de lui acheter un peu de tranquilité d'esprit. Il en aura besoin pour s'endormir.
D'ailleurs ça ne coupe pas. Vingt minutes après, pendant que je dîne tranquille dans la cuisine, il se relève pour venir me demander un dernier détail : Comment fait-on pour sortir des grottes jumelles? J'hallucine. Il est encore plus monomaniaque et acharné que moi. Et il n'a que 7 ans. Et déjà, comme j'ai pu l'être par le passé (moins maintenant), il est obsédé par le nombre d'XP qui lui manque pour monter de niveau dans le jeu. Ça promet.
Enfin bon, la dernière fois, ça avait été NevH qui s'était relevé en pleine nuit et qui avait filé dans le vestibule. Je l'avais retrouvé affairé avec des morceaux et des fils. "Il faut remettre la lampe." Effectivement, une des appliques de l'entrée était tombée dans la journée. Etait-ce que l'absence d'une lampe l'angoissait vraiment? Ou bien cherchait-il simplement un prétexte pour se relever? En tout cas, je l'avais convaincu qu'on pourrait mieux s'occuper de cette lampe demain, quand il ferait jour et cela lui avait paru raisonnable.
Les enfants sont au lit. Révisions (encore, encore). Je bouquine Fight Club (enfin)
Bref, BroE et InlG reviennent vers 23h30. Je décide de rentrer à pied, encore une fois. Parce que ce trajet me parle de plus en plus. Comme un sillon ou une habitude que je commencerai à creuser. J'envisage même de faire une séance de babysitting mensuelle (avec les vacances, ça ferait 10 par an au max...) Parce que ce n'est pas grand chose pour moi, finalement. Pas si difficile. Un rien, qui compte pourtant beaucoup.
Mais le temps ne s'invente pas. Je me demande si je ne serai pas en rupture de stock bientôt. Avec toutes ces choses à accomplir, tous ces lieux à visiter, tous ces livres à lire, ces films à voir, ces gens à rencontrer...
Il m'en suffirait d'un. Enfin... D'un de chaque sans doute (un lieu, un livre, un film, un mec...)
Mais l'excès me pousse. L'excès encore. L'excès. Mais sans me forcer.

Je vis l'excès avec modération.

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

It's me again

Qui suis-je? Qui suis-je? Qui es-tu ?

Quelque part, au milieu de la confusion, je suis content de constater que je ne suis pas le seul à me demander ça. Tout le monde cherche des indices, tout le monde collecte des faits. C'est une véritable enquête nationale, un travail de fourmi et de fourmilière.

On attend du monde qu'il nous donne des réponses. On s'accroche à tout ce qu'on nous dit sur nous. Le moindre commentaire devient majeur quand il parle de moi, qu'il pose des jalons pour me qualifier.

Pour accumuler les preuves, on fait des tests de personnalité, encore et encore. On adore ça. Est-on sage ou frivole ? Geek ou nerd ? Pur ou pervers ? L'un OU l'autre?

Trouver une définition nous rassure, nous conforte. La moindre affirmation issue d'un QCM prend des proportions de cathédrale, car c'est une pierre de plus au monument de l'identité. C'est une divination, une lecture des lignes de l'âme grâce à laquelle on étend un peu son territoire. C'est le médium par lequel le moi se révèle et s'affirme.

Et chaque fois, la possibilité de dire : et toi ? Et toi ? Es-tu comme moi ? Es-tu différent ?

Quelles affinités ? Quelles oppositions ?

Car une fois que le moi est cerné, on peut enfin s'attaquer à l'autre…

Pourtant, dans mon esprit, il y a comme un principe d'incertitude dans tout ça, comme un échec par avance : dans ce miroir qu'on nous tend, notre volonté ne se reflète pas. Tout juste une facette, ou deux, de notre être : une façade cosmétique, hors situation, hors propos. Tout juste un aspect, un mot, un moment, une humeur. Mais pas la volonté qui s'agite derrière.

Ce serait comme comparer un sondage et une population. Peut-on connaître un peuple à coup de statistiques ? Un pourcentage calculer sur une foule a-t-il une valeur prédictive sur un individu ? Peut-on évaluer sa fonction d'utilité par expérimentation ?

Comme en économie, tout ça n'est qu'un modèle. Une façon de simplifier les choses, sinon on ne pourrait rien dire, rien décrire, rien prévoir. Etre, tel qu'on n'en parle, n'est pas vrai, ce n'est pas la réalité mais en première approximation, c'est suffisant, c'est opérationnel. Dans la majorité des cas. La plupart du temps.

Oui, c'est une simplification nécessaire, parce qu'on ne peut pas au moindre écueil se plonger dans les méandres d'une théorie quantique ou relativiste : l'identité classique (newtonnienne ?) nous suffit bien dans 99% des cas…  Ce n'est pas la vérité, ce n'est qu'un modèle sans doute erroné, absurde, instable, mais cela suffit. N'allons point plus avant. On ne peut pas tout faire...

Par XS
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Mardi 31 mars 2009

Profonde erreur

Bien sûr que j'ai menti ! C'est aussi ça, le Jeu !
Crois-tu que j'avouerais sans avoir réfléchi
Tout ce qui me soutient, tout ce pour quoi je vis ?
Tu es écœuramment naïf, comme tous ceux

Qui voudraient refuser la grande mascarade,
Qui conçoivent d'ailleurs un dégoût infini
Pour tous les mensonges. Quel étonnant mépris !
Car la vérité n'est toujours qu'une façade.

Conscient ou inconscient, le mensonge est présent
À chaque mot, dans chaque geste, à chaque instant.
Tu veux lui échapper ? Mais pour quelle raison ?

Sans lui, tout est chargé d'un ennui étouffant
Et puisqu'il faut jouer pour échapper au temps,
Faisons semblant de croire à ce que nous faisons.

Par XS
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