Jeudi 28 janvier 2010
4
28
/01
/Jan
/2010
00:28
Le 27 Janvier, chacun sa grand messe.
Moi à BibiFoc, avec un randam rythmé par Gwen Stefani (
the sweet escape, yeah, you wish)
Le nain mégalo à Davos, avec sa énième répétition du discours qui n'engage que ceux qui y croiront (oui, on va moraliser les marchés financiers, bien sûr, parce que la morale est définitivement le
maître mot de son action : Fouquet's, EPAD, Proglio...)
Et le gourou du fruit croqué qui se frotte l'ardoise goulument avant de la tapoter pour les caméras (au moins, il saura avec quoi additionner les chiffres de vente qui s'annoncent déjà
colossaux)
Chacun vit sa journée, avec sa sphère, sa rumeur, bousculant et croisant chaque autre monde au passage. Oui, on échange. Oui, internet. Oui, dialogue, culture,
whatever.
Mais à la fin de la journée, au final, qui se soucie de ce que j'ai fait ?
On a toujours le doute que cette journée de plus (ou de moins, selon les perspectives) n'ait pas vraiment existé ailleurs que dans notre tête.
Quelle preuve en reste-t-il ? Qu'est-ce qui, taratata, nous prouve donc que demain sera bien un autre jour ?
Elle disait "
I can't think about that right now. If I do, I'll go crazy. I'll think about that tomorrow."
Et on voit par là combien l'homme (et la femme aussi, visiblement) est coincé entre le cycle et la ligne.
Le recommencement et le progrès. La répétition et l'évolution.
A-t-on jamais la réponse? Est-ce que, même quand on croit qu'on a parcouru toute cette vie, toutes ces journées, qu'on a accompli pas à pas toutes ces choses, on ne risque pas de se retrouver face
au reflet de l'Eternel Retour ?
Je n'en sais rien. Chaque jour, à la radio, Olivier Delagarde me manque le matin. Chaque jour, j'essaie de me consoler avec les rubriques sans saveur de ses successeurs qui, malgré leur
bouffonnerie ou leur effort, n'arrive pas à retrouver son ton. Et je me replonge dans cette succession. Les souvenirs, les mots, les sensations me reviennent confusément.
On a la madeleine qu'on peut, et je crains que la mienne soit plus un gel douche, ou plutôt une sensation bizarre de non-déjà-vu qui me vient en écoutant france info dans le bain.
Oui, de ces pages empilées, du livre inconnu de ma mémoire, surgit la certitude que je n'ai pas déjà vécu cette succession de minutes. Vierges, elles n'attendent qu'un peu d'élan pour être
connues.
Ainsi, convaincu que chaque pas, chaque clic, chaque mot, chaque effort s'ajoutent aux précédents, on avance en croyant à une direction, à un sens. Fort de cet avant qui nous promet un après, on
oublie les boucles.
Et c'est ainsi que les jours passent.
Et c'est ainsi que les jours passent.
Et c'est ainsi que les jours passent.