Partager l'article ! Emballer, c'est peser: Noël et ses paquets. Noël et ses souvenirs. Le pour, le contre, on ne sait plus. Le papier bleu fin avec d ...
Noël et ses paquets.
Noël et ses souvenirs.
Le pour, le contre, on ne sait plus. Le papier bleu fin avec des étoiles ou le papier rouge épais avec des sapins ?
On voit par là combien la vie est compliquée.
Mais le gouvernement nous rassure : il n'y a pas de pagaille. Dans les têtes, dans les coeurs, ce n'est pas la tempête. Il n'a pas neigé et le blanc manteau qui endort, qui emmitoufle, n'est
qu'une illusion d'optique.
Avec ou sans flocons, il faut se taire, accepter, subir. Tout est tranquille au fond.
Comme les marronniers, comme l'éternel retour, on est renvoyé par la répétition à cette identité atemporelle. Le moi d'hier et celui de demain font les mêmes gestes qu'aujourd'hui. Couper, plier, scotcher.
Et l'on n'oublie pas non plus le choix des cadeaux. Et la répartition. Et toujours les mêmes recommandations. Et toujours les mêmes absences.
C'est fête, ou plutôt fête moins le quart.
Comment le temps peut-il être aussi espiègle ?
Est-ce qu'il nous pousse, en vitesse de croisière, comme sur un long fleuve tranquille traversant des rivages familiers ? ou bien est-ce qu'au fond il ne bouscule pas, nous poussant régulièrement
sur ces récifs inconnus ?
Rien n'est simple. Quand bien même on voudrait dormir, il y a sous l'épais tapis neigeux une vie cachée, une activité hivernale. Disons même une fébrilité secrète.
Chaque évènement crée une impatience, soit d'affronter l'inédit, soit d'en finir avec le déjà vu. Même la barque au fil de l'eau n'est pas inerte. Même les yeux fermés, on sent le balancement, on entend le clapotis. On frissonne, sans doute, quand la brise nous frôle.
Tout devient un symbole de soi et d'autre chose. Tout prend un sens confus qu'on contourne, faute de pouvoir absorber. Le monde entier, comme une énormité, vient se frotter à notre esprit perplexe. On ne sait plus si l'on doit seulement s'arrêter pour réfléchir ou profiter du voyage.
Pas de panique, préconise le guide. Pas de pagaille, promet le ministre.
Et je me demande si j'aurai assez de papier cadeau pour embellir toutes ces choses qui s'accumulent dans mon placard.
Et c'est ainsi que les jours passent.
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