Vendredi 26 mars 2010
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J'avais naïvement cru que les journalistes incarnaient, je ne sais pas, une sorte d'élite. Que le traitement de l'information était une vocation intellectuelle, ou au moins nécessitant un minimum
de bagage et de compréhension.
Mais on a l'élite qu'on mérite.
Et de nos jours, on doit constater qu'on ne mérite pas grand chose.
On mérite l'équipe de la matinale de France Info. Avec leurs interviews molasses. Leurs histoires du jour qui confondent l'info avec l'anecdote ou la bouffonnerie.
Et surtout avec une rédaction capable de confondre "devoir de réserve" avec "droit de réserve" ad nauseam.
Le pauvre gendarme éjecté de l'armée parce qu'il a outrepassé son "droit de réserve", c'est non seulement absurde, mais c'est le signe d'une confusion, d'une approximation complète, d'une
impréparation absolue.
C'est la formule qui l'emporte sur l'idée, c'est le ton qui l'emporte sur le propos. Et chacun, perroquet d'antenne, répète fidèlement la connerie avec l'air d'être sur la brèche.
Bon, je suis mauvaise langue car un des "speakers" vaguement plus éveillé que les autres s'est autorisé à corrigé le droit en devoir...
Quelle confusion des genres! Quel triste portrait de notre société!
Quand les journalistes ne pensent pas plus que les brèves de comptoir...
Quand tout un chacun confond droit et devoir sans sourciller...
L'intérêt collectif, c'est clair, n'est plus qu'une addition des intérêts individuels.
Et c'est ainsi que les jours passent.