On leur a brisé le coeur d'un mail nonchalant de rupture glacée.
On les a licencié salement en leur proposant, mépris mondalisant, un reclassement à 99.99 euros par mois en Inde.
On leur a refilé un virus mortel qui a déjà fait mourir à petit feu tous leurs proches.
On leur a pris leurs enfants après une sale séparation.
On les a reconduit à la frontière pour remplir un quota.
On les a jeté à la rue parce qu'il ne fait pas si froid.
On les a mis en prison.
Depuis l'esclavage, depuis les âges sombres, la misère humaine a changé, mais le malheur est toujours là.
De quel côté de la ligne, de quel côté de la barrière, va-t-on tomber ?
Ouf, le soleil, le sourire... encore chanceux, encore heureux.
C'est le mois de Mai. Les porcs du Mexique peuvent bien geindre, je reste en bonne santé.
Imperméable à la misère, je persiste, je persévère.
Et c'est ainsi que passent les jours.