Vendredi 30 mai 2008

Some more

Journée de boulot inordinaire. Sans surprise, InfC nous joue toujours les poules ayant trouvé non pas un couteau, mais toute une batterie de couverts... Résultat : des échanges de mail surréalistes pour lui rappeler que, non, notre jeu quoiqu'évolutif ne pourra pas prédire tous les événements possibles et improbables de l'univers. Notre jeu n'aura pas réponse à tout. C'est définitif.

Définitif, mais le deal est toujours pas signé à ce que j'en sais... Pourquoi ne suis-je même pas surpris ?

Midi. SouM, de passage pour nous voir, se joint à nous pour déjeuner : sashimi, brochettes, vin blanc et mangue glacée... c'est la fête. Bonne discussion comme on le fait rarement. J'apprends que SouM bosse en partie pour Bercy (et notamment c'est sa boite qui postulait pour le projet de 200 millions d'euros annulé dernièrement et dont BroE m'avait parlé ce WE)... En plus, c'est aussi la boite de RevG et effectivement, SouM me confirme la restructuration qui avait tant fait chié RevG. Le monde est tout petit, quand on y pense. Enfin... surtout le monde de France de Paris...

Retour au boulot. Chaleur/torpeur. Je ponds un système de code évolué et évolutif. Je fractionne un automate. Je m'adapte, je transcende. Thé Rushka. Puis thé glacé. J'avance, je surfe, je rédige, je schématise. Et je déconne. Et je dynamise : oui, résolument, nous allons acheter des ventilos (c'est ça ou suer comme des porcs). Les choses avancent d'un pas. D'un seul. On a fait pire et on a fait mieux. Bonne ambiance détendue mais productive. L'été est là, l'été nous porte.

Et je réalise que je n'aurais pas une soirée de libre avant Dimanche (jdr : 7th sea, DVD : West wing, jdr : castle falkenstein, restau : iranien, anniv : SheF). Et que j'ai pas géré les cadeaux (ni anniversaire, ni mariages). Et que ma carte MK2 expire dans 2 semaines avec encore 4 places dessus... Mais c'est pas grave, ce n'est rien. C'est même plutôt bien. Je pressens que la fatigue va m'aider, comme souvent, à surmonter tout ça. Comme quand, en cours d'ascension, sur un chemin de crète, on passe en mode automatique. On regarde ses pieds, pas à pas. Sans lever les yeux vers le sommet. Pas à pas, sans réfléchir, on avance. On fredonne un peu, s'il le faut, pour se laisser aussi bercer par le rythme. On est dans un cocon de fatigue qui nous protège du vent.

Ah, coup de fil. InfC, toute joyeuse, me dit qu'elle est débordée. On se marre. Le projet est comme un gouffre, on voit ce qu'on jette dedans y disparaître, sans espoir de le combler jamais. Mais c'est pas grave, on se marre quand même. Les choses sont légères, même au bord du gouffre. La bonne humeur est dans l'air du temps. Ou pas. (car "ou pas" est résolument la réplique de la journée... ou pas).

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Vendredi 30 mai 2008
Croisé le fauve ce matin.
Etrangement, je parlais de lui Mercredi soir. Avec passion.
Mais ce n'est pas si étrange, au final. Le monde, ce monde, est si petit.
Chacun tourne en rond.
Les boucles sont faites pour être bouclées.

Donc le fauve était là. Avec toute sa meute. Moi, tapi dans ma troupe, je pensais m'en sortir inaperçu. Mais non, il m'a repéré. Il m'a porté le premier coup, que je n'ai visiblement pas encaissé avec la superbe que ce genre d'occasion réclame.
Je m'en sortirai en disant que la matinée n'était pas à l'élégance.
Après un discours plus symbolique que sensé, on a eu droit à nos tentatives d'hypnose par pauvrepoint. J'avais la rage au ventre, de quoi réussir tous mes jets de sauvegarde.
Je pensais à l'autre, là, l'abject, l'inutile, le sombre. Je pensais aux grands gâchis de talents. Je pensais à ces trous noirs qui sucent la créativité partout où elle voudrait s'exprimer. Je pensais à ces années. A ces victimes.
J'étais là, pourtant oui, j'étais bien là.
J'ai noté, sérieux forcément. J'ai noté chaque argument perdu. Chaque name-dropping risible. Chaque manoeuvre grossière. Chaque faute énorme. Chaque contradiction technique. Chaque impossibilité légale. Chaque mensonge éhonté.
Pour sa défense, j'ai aussi noté les quelques balbutiements de bonne idée. Ou les vagues "raisons d'y croire". Et le début d'intérêt de quelques perspectives.
Qu'en dire donc. Qu'en dire?
Le fauve avait un pelage un peu mité. Le fauve avait la gorge enrouée des mauvais jours.
Je n'ai pas été séduit. Je ne lui ai pas trouvé d'excuse ou de grandeur.
J'avais à mes côtés des phénomènes bien plus acides, des animaux bien plus racés, des esprits plus retors.
J'avais moi-même et mon histoire. Mes spectres debouts. J'avais le poids des choses, de mes lamentations, de mes chutes.
Serais-je à la place de ce pauvre gars visiblement pas bête, mais transformé en moyen, en faire valoir, en "outil", en relation symbolique? Serai-je là, de l'autre côté de la table, malmené par mon propre camp, si c'est ce dont j'aurais besoin pour manger? Serai-je, sans honneur, sans coeur, vendu à ces rapaces qui râclent la moindre lueur dans l'oeil d'un décideur et qui s'acharnent sans ciller sur une pauvre fillette capable de faire chauffer la carte bleue de ses parents?
Etais-je là il y a 3 ans? Ou bien ai-je évité ça par un miracle qui me surprend encore? En fait, en y repensant, je n'avais sans doute pas été jugé digne de ce genre de colloque. Pas assez sûr, sans doute. Pas assez prêt ou cynique ou brillant, je ne sais pas.
Le fauve ne s'y est pas trompé.
J'ai vu, dans son oeil, dans sa voix, le besoin de me classer. De me cerner avec une boîte, une étiquette, un passé.
Je n'ai pas invoqué la Grande Maison. Je n'ai pas invoqué le Puits du Fou. Je n'ai lâché qu'un nom, bien obligé, mais il l'a répété malgré tout, l'air satisfait, l'air sûr de lui. Pour bien me signifier qu'il savait qui j'étais. Que je n'étais pas un obstacle. Qu'il n'avait rien à craindre de moi.
Là où il se trompe, c'est qu'il ne me connaît pas. Non pas parce que j'ai tourné la page ou parce que je serais trop complexe, trop découpé en facette pour qu'il ait fait le tour de moi. Non. Il ne me connaît pas parce que j'ai bien grandi depuis. J'ai mangé celui que j'étais, ceux que j'étais même, et bien d'autres possibles. Je suis grand de tout ce que j'ai réalisé ou perdu. De tout ce que j'ai choisi.
Et parmi ceux là, Soleil Noir de la Fatalité, j'ai choisi de ne pas lui ressembler.

J'ai choisi de ne pas manipuler, de ne pas trahir ou mentir. Ou en tout cas pas comme lui.
Je ne me veux pas innocent, mains propres, non. Je ne me prétends pas vierge et mentor. Je ne me prétends pas visionnaire et entrepreneur.
J'ai tourné la page de l'intelligence pour m'inscrire dans l'efficacité résolue. Je fais. Je réalise.
C'est l'inverse des conjectures, des possibilités évoquées comme autant de portes vers des avenirs rêvés mais impossibles.
Je ne joue pas aux dés avec les autres, avec leur vie. Je vénère trop le Hasard pour lui confier plus que mon sort. Je connais son aveugle cruauté.

Le fauve n'a pas changé son chemin. Il utilise. Il surveille. Il creuse sa tanière avec une sorte de délectation malsaine.
Je crois qu'il ne sera jamais abattu. Il faut lui reconnaître ça.
Je ne l'aime pas, je ne l'admire pas, mais ça n'empêche pas qu'il à cette persistance incroyable. Un héritage sans doute, ou un don du ciel.
Semblable à lui-même, il n'a pas, je crois, grandi comme j'ai dû le faire.
Sans doute était-il déjà grand. Déjà nourri de ses passés et de ses possibles.
Ou déjà fou.
On ne saura jamais.


Il me reste 15 pages de notes. Et mes souvenirs.
15 pages de projets, de problèmes. Et gravée dans ma mémoire, cette matinée de ma vie.
Il me reste une synthèse à rédiger. Des détails à archiver. Des conclusions à tirer.
Une nouvelle réunion à accepter.
Chaque étape en appelle une prochaine.
Chacun tourne en rond.
Les boucles sont faites pour être bouclées.
Et c'est ainsi que les jours passent.
Par XS - Publié dans : + de jours
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Vendredi 30 mai 2008
J'ai vu la rumeur du monde qui bouillonnait en un étouffant vacarme.
J'ai vu la chambre plus petite que la niche.
J'ai vu le tourment et la bousculade dans l'espace zen.
J'ai vu le retour du prince, le soleil sur la savane, la planche glissant sur la neige.
J'ai vu encore les lapins glissant eux aussi sur une neige moins sublime, assis comme ils pouvcaient.
J'ai vu, ô 10 ans, l'avion en plein envol et la guerre du futur.
J'ai vu les cables électriques, les DS par trentaine, les Wii rouges mal maintenues.
J'ai vu les bières, les verrines, les coupes, les toasts.
J'ai vu la foule qui s'étiolait de visite en visite.
J'ai vu des gens sans doute importants mais qui semblaient perdus, insignifiants.

Et j'ai vu qu'il fallait être là.

Je suis rentré épuisé, abruti, tenaillé par ce vide que laisse cette marée de bruit quand elle se retire.
Brisé, je me suis couché. Les images, encore, se bousculaient devant mes yeux.

Et c'est ainsi que ces deux jours sont passés.
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Mardi 27 mai 2008
On peut en 10 minutes croiser un Deschiens, un fou des rollers qui groove à donf, un grand danois, un couple complètement beurré, une escadre de vélibs à contresens, un pigeon aplati, une SDF plus toute jeune...

C'est peut-être ça aussi la magie de Paris.

Mais ça reste néanmoins globalement chiant de promener le tichien.
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Lundi 26 mai 2008

Vraiment n'importe quoi

Soirée corvée du Lundi : récupérer les billets de train pour Avignon, ne pas oublier d'acheter du PQ, changer la litière des chats.
Naze, je me pose pour bouffer sur le pouce et me préparer à regarder la saison 4 de Babylon 5.
J'allume la télé et là, spot pour les européennes. C'est le PS. Emmanuelli. OK. J'écoute même pas mais je laisse tourner. Puis, mystère, le parti des socioprofessionnels dont j'avais jamais entendu parler (je dois avouer que... enfin bon... les européennes...). Vaguement intrigué, je garde une oreille discrète sur le haut-parleur et là, pof, un visage connu. La candidate ile de france est la femme d'un camarade de promo. Camarade dont j'aurai vraisemblablement oublié le nom si, coïncidence supplémentaire, il n'avait pas envoyé la veille un mail sur une liste de ma promo pour demander des avis sur une bricole (que faire de nos anciens polys de cours?).
Bref... J'étais un peu sur le cul.
Là, j'aurais été mystique, j'aurais décelé un signe, une révélation d'un mystère à décrypter.
Mais comme franchement, c'est pas trop mon truc, je vois ça et je trouve ça marrant. Si j'y vois un symbole, c'est simplement celui d'un appel à rester attentif, pour saisir ces moments fugaces, ces improbabilités.
Nul mystère et nulle volonté ne s'exprime là.
Enfin bon, voilà ma surprise de la soirée. Je retourne à mes DVDs.

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Lundi 26 mai 2008

Grosse actu

Je suis en feu : ça y est, Ma Mazon m'a envoyé la saison 3 de A la maison blanche. Et dans la foulée, la saison 4 de Babylon 5 (oui, 3, 4, 5, je sais, c'est un peu le bordel mais faut suivre)…

Moi qui me demandais bêtement ce que j'allais pouvoir faire pendant les deux semaines sans jeu de rôle qui se profilent à partir de Vendredi… Mine de rien, je dois avoir dans les 35h de série à visionner. Deux maîtres mots : discipline et endurance. En rationnant strictement mon temps de sommeil, je dois pouvoir boucler ça rapidement. Press pause to put your life on hold. Puisque, comme disait l'autre, tout n'est que vanité, et que toutes nos vacations sont farcesques (mundus universus exercet histrioniam... et oui, moi aussi je peux me la péter avec citations en latin et tout et tout, la grande classe intello j'vous jure), alors autant choisir librement à quelle farce se consacrer. Et là, moi, je me consacre aux séries US. Alors OK, tout de suite, c'est moins la grande classe intello. Mais bon, je peux toujours prétendre que Babylon 5, c'est pour cultiver mon côté nerd/geek (je confonds toujours les deux) SF et que West Wing, c'est plus pour le côté critique géopolitique de l'appareil gouvernemental US (rapport à la grande classe intello, quoi). D'où fusion, d'où synthèse, d'où méga-classe.

Mais non, là, personne ne marche. Tout le monde a juste bien compris que je suis un gros glandeur qui veut se mater non-stop des DVDs en bouffant des granola trempés dans du thé. Et oui... la réalité n'est pas toujours tendre.

Et avec tout ça, je pressens confusément que mes révisions de chinois vont en pâtir…

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Lundi 26 mai 2008

Sous le choc

Mon dieu, rien ne m'avait préparé à cette soirée.

D'abord, histoire de jouer la carte des coïncidences, je choisis de continuer à regarder Band of Brothers en DVD. J'avais arrêté après l'épisode 1. Et hop, je me fais les épisodes 2 et 3. Le "D-Day" et Carentan. Sounds appropriate.
Et là, ouph... Un peu de mal à tout tenir. L'horreur de... La guerre quoi. Je fais un break entre les deux épisodes.
Un peu de net pour souffler.

Et là, second choc. OUPH... Un de mes ex tient un blog. Gosh! Dieu merci, on s'est séparés il y a suffisamment de temps et avec un fossé d'indifférence suffisamment large pour que rien ne me touche vraiment, mais je jette quand même un œil curieux, voire narquois. C'est quand même curieusement dérangeant de le voir s'exposer, minauder... Visiblement, il n'a pas ou peu changé. Qu'importe.
En fait, ça m'arrangeait un peu qu'on ait coupé les ponts. De ne plus avoir à entendre parler de lui. Et là, boum, sa vie et ses amours en plein dans la figure. Forcément, ça choque sur le moment. Enfin bon, le choc ne m'a pas empêché de lire quand même...

Mais voilà qui me fait observer la "foule" des blogueurs d'un œil différent. C'est vrai que sortir avec un blogueur doit nécessiter une certaine résistance. Une certaine immunité. Est-ce que ça ne complique pas les choses? Comment ne pas craindre de voir se développer là l'alcôve des malfaisances, l'arrière-salle des non-dits, le placard des rancœurs ?
Bon, c'est pas tout, mais la guerre continue en DVD. Je retourne au front.

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Lundi 26 mai 2008
Ce qui est bien quand on ressasse, qu'on radote, c'est qu'on voit que 2004 n'est pas si différent de 2008.
Oui, il n'y a pas de naissance cette année. Mais c'est pareil, les mêmes problèmes de famille, sauf que mes parents sont un peu plus usés, un peu plus fatigués, les mêmes affligeants obstacles, les mêmes lenteurs.
le même concept essentiel de "dîner-de-fête-des-mères-qui-fera-aussi-fête-des-pères-car-les-parents-seront-en-Corse-après".
Fallait-il donc vivre autant pour en revenir là?

Et c'est ainsi que les jours passent.
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Lundi 26 mai 2008

Ça, c'est fait. Ça aussi. Et ça c'est plié...

Bon, c'est ptet un peu tôt pour un bilan du week-end, mais bon, faut bien commencer qq part.

Vendredi soir, sorti du boulot assez tard, je fonce à la FNAC Italiens qui ouf ferme à 21h. Je chope les DVDs d'urgences pour MotJ (ça c'est fait), puis je craque sur Le combat ordinaire (ça c'est fait). J'hésite à me racheter Lapinot et les carottes de Patagonie mais finalement non (je ne désespère pas de retrouver à qui j'ai bien pu prêter ce chef-d'oeuvre... et qui ne me l'a pas rendu). En passant hop aussi le dernier PJ Harvey et Alanis Morissette (ça c'est fait). Y a pas à dire : la FNAC, c'est bien l'Empire du Mal comme disent Seb et Emi. Puis maison. Je suis naze. Un peu de blog, un peu de chat, un peu de DVD. Beaucoup de sommeil.
Fondu enchaîné sur le Samedi.
Belle journée vavoum.
Courses. Rencontre avec M. et fornication subséquente. J'ai pendant un instant l'impression de rejouer les moments avec H. mais un élément instaure heureusement une différence de taille qui rend toute confusion impossible. Bon là c'est clair. Je suis pas amoureux mais c'est cool. On se revoit? Ptet, ptet pas. Le jeune homme est très occupé. Là encore, réminescence de H. (je sais pas, je dois attirer les ptits jeunes très occupés). Mais on se dit quand même à bientôt, avec chacun une étincelle dans le regard (on vérifiera si cette étincelle était bien la même de part et d'autre dans quelques jours).
Mais c'est pas tout, je suis en retard pour le "dîner-de-fête-des-mères-qui-fera-aussi-fête-des-pères-car-les-parents-seront-en-Corse-après" . On avait dit 19h. Je saute dans le premier 60 qui passe et je débarque (ça, c'est fait) chez BroE/InlG à 19h20. Et bien sûr, je suis le premier. Le petit NevB dort mais je peux l'admirer en vidéo : ça me permet de vérifier qu'il ouvre déjà grand ses yeux...
Je papote un peu de mon taf avec BroE, qui connaît bien mon boss. Je lui explique que je ne sais pas trop où ça va et que c'est gonflant. Mais il me dit que les choses vont sans doute se résoudre d'elles-mêmes dans quelques semaines dès que certaines questions auront été réglées... A voir donc.
Puis tout le monde arrive, avec plus ou moins de retard. Vers 20h00, c'est SisC et InlO qui cloturent le bal : elle s'est fait un claquage et NiEm était à un anniversaire. Bref, on buffetise à volonté : canapés, champagnes, etc. Mention spéciale pour la triplette en i 'blini/tatziki/asti' qui assurait bien. Arrivé à la terrine, je commence déjà à caler. Je fais (presque) l'impasse sur les desserts et me contente du minimum syndical en sucré...
NevQ me bombarde de questions sur Pokémon et autre jeux vidéos. J'essaie désespérément de lui faire comprendre que "GameBoy" n'est pas le nom standard des consoles de jeux, mais visiblement, le nom lui plaît bien plus que Playstation ou GameCube.
NiEm m'arrache une promesse de lui prêter un autre DVD et, si possible, de l'emmener voir Harry Potter 3. Faut dire que je l'avais emmené voir le 2 à sa sortie, expérience épique dont on s'est souvenus tous les deux avec émotion (surtout quand elle hurlait de peur et qu'on devait sortir de la salle pour qu'elle reprenne son calme). Je checke son agenda avec ses parents : pas de créneau commun avant le 26 Juin! Damned, elle est encore plus occupée que moi, cette petite! Mais bon, c'est clair que j'avais plus de temps quand j'étais au chômage, et c'est pas forcément une période que je souhaite revivre (enfin, pas complètement en tout cas).
Je rentre chez moi. A pied puisque le 60 s'arrête à 21h. Et puis je n'ai pas envie de redescendre prendre le métro et faire 2 changements alors que ce n'est pas si loin... Je monte jusqu'à la place des fêtes. La nuit est douce et j'entre en mode day-dream. Comme euphorique, je règle mon allure et je fredonne des chansons à la con pour rythmer mon avancée. Arrivé au sommet de la grande descente, je commence à vérifier les plaques pour compter les numéros qui me séparent de mon chez moi. Tout ça est empreint d'une familiarité que je trouve rassurante. Je regarde à peine les gens que je croise car je suis ailleurs, je suis en moi et dans la ville. Je vois plus les Buttes Chaumont que les passants. Je vois les bâtiments, les fenêtres, les terrasses. Je vois les trottoirs, les feux, le bitume. J'aime marcher dans Paris la nuit. Cela n'a pas changé. Pas encore en tout cas. La solitude me réchauffe et me porte. La ville bat encore, c'est Samedi soir. Je sens confusément qu'ailleurs, je n'aurais pas ma place, si évidente, si confortable. Un petit thé, Nil rouge, quelques feuilletages web (ça, c'est fait), et au lit. On glisse jusqu'à Dimanche.

Dimanche. Je me lève (ça, c'est fait) et la radio a décidé de m'emmerder. Est-ce à cause du jour J? En tout cas, toutes les stations programmées dans ma chaîne ont disparu et ça m'agace prodigieusement. Je peste en sortant le mode d'emploi, je râle en appuyant sur les boutons, je maugrée en faisant les réglages. Y a pas à dire, je suis chiant quand j'ai pas pris de petit déj.
Après une légère collation, je découvre les messages de N. un jeune gars qui m'a contacté sur le net. Il habite pas loin et on pensait prendre un verre en terrasse pour faire connaissance. Mouais. C'est qu'il me met la pression côté horaire. Genre il voulait qu'on se voit à midi. Or il est midi et quart quand je trouve son message. En plus c'est l'heure de mon tunnel Arrêt sur images-Guignols-Zapping, rituel dominical très important. Heureusement, j'ai déjà pris mon petit déj quand je l'appelle. Gentiment, on convient de se voir "vers 14h" (je sais pertinemment que je viendrai pas avant 14h30 mais bon) du côté du Parc de la Villette. Cool vu le soleil qui inonde ma terrasse/parking...
Télé. Bof. Déjeuner. Vite. Départ.
Je le trouve, T-shirt vert et lunette de soleil, au pied de la Géode. Ouais. On discute. On marche. On va au très cher Café de la Musique car j'ai trop envie d'un café en terrasse. On papote mais il reste un brin allusif. Il ne livre pas grand-chose d'autre qu'une certaine aigreur, qu'une certaine douleur. Sa meilleure amie qui ne le rappelle pas en ce moment. Ses précédentes relations qui ont toujours tourné mal au point de se détester. Bon, que je ne sois pas motivé pour une histoire avec lui, c'était sûr, vu qu'il a dix ans de moins que moi. Mais j'aurais pensé que la conversation serait plus intéressante. Je ne baille pas, certes, mais j'ai le sentiment de ramer un peu pour l'amener à dire des choses sur lui alors que lui, inerte, ne me demande rien sur moi. Il a un rendez-vous avec des potes, on se sépare. Il me dit qu'on s'appelle pour se revoir et lâche bien sûr, lâche évidemment, je souris sans démentir. Encore un truc qu'il faudra gérer, mais plus tard de préférence (ça, ça reste à faire). Là je profite du soleil, il fait beau. Une fois de plus, je rentre à pied, avec de la musique dans la tête et des reflets de Géode dans les yeux. Le trajet s'évapore en un rien de temps. Arkat et Kali m'accueillent avec mauvaise humeur vu que j'avais oublié leurs croquettes ce matin. Ils ont rejoué la guerre dans l'appart pour fêter le D-Day : les placards de l'évier sont ouverts, le tapis en boule dans un coin... Je lève les yeux au ciel et range tout ça avant de m'accorder un chti thé (Chandernagor) Granola sur mon balcon, un bouquin à la main (ça, c'est fait).
Je ne sais pas si c'est de l'auto-satisfaction un peu facile, mais j'ai l'impression que le peu que j'ai accompli ce WE me remplit, me complète. Oh, il reste encore des jours et des jours à vivre, encore des tas et des tas d'histoires à vivre. Mais (ça, c'est fait) au moins ce week-end là, imparfait mais tangible, je le tiens, je l'ai, c'est bon.

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Lundi 26 mai 2008
C'est inexplicable, mais le tichien, ce matin, s'est pris d'amour pour une vieille dame, très chevelue certes, mais très propre sur elle. Elle avait une coupe un brin étrange, les cheveux partant vers le haut, raides, comme les poils d'un pinceau bien dru. Mais au lieu d'avoir une brosse à l'extrémité, ils finissaient en petites bouclettes fines, façon caniche. L'ensemble était d'un blanc trop éclatant pour être naturel, avec cette espèce de luminosité bleue qui sent la mise en plis façon mémère qui soigne son look.
Donc voilà que je croise ce matin cette vieille fringuante, avec à son bras, comme un sac à main, un vieux défraichi qui traînait de la patte.
Je promène le tichien, donc il est 9 heures moins 10 ou quelque chose comme ça. Et le tichien est tout excité. Il veut sauter sur la vieille dame. Pas méchamment. Pour lui faire la fête. Il est content de la voir, il tire sur la laisse et veut la lécher, la sentir, la toucher. Lui faire des mamours. Il est comme fou. Elle s'extirpe péniblement de ce traquenard pendant que je maintiens la laisse comme je peux. Elle a autant de mal à tracter son vieux que j'en ai à retenir le tichien.
Elle s'éloigne. Tichien, le coeur brisé, pleure. Il ne hurle pas à la mort, non, c'est pire. Il couine d'un chagrin inconsolable. On a beau tourner à l'angle de la comète, il pleure, il chouine, il tire vers l'arrière. Il ne veut pas pisser sur les voitures, il veut retrouver sa vieille et vivre avec elle je ne sais quelle passion indicible.
On voit par là combien la nature est cruelle.
J'ai le coeur qui se pince quand je vois tous ces gens qui comme le tichien tire sur leur laisse parce qu'ils ont cru voir passer le bonheur sous la forme d'une vieille étrangement attifée (par exemple).
On se perd en perplexité devant les étranges attractions où la nature nous réduit ou nous pousse.

Et c'est ainsi que passent les jours.
Par XS - Publié dans : + de jours
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