D'une traite ou presque, entre Lyon, Paris et Newcastle. Après du Palahniuk, il y a quelque chose de frais dans ces histoires de jeune fille suicidaire et de vieille paria élitiste.
On sent un brin de complaisance dans les élans esthétique de ce livre qui parle de l'Art comme si de rien n'était, mais qui nous donne quand même la leçon de ce qui est beau et de ce qui ne l'est pas.
Car ne nous y trompons-pas, dans ce roman, il y a les bons et les méchants. Les gentils, qui planent au-dessus de la mêlée, intelligents, diaphanes, méditatifs. Et les fâcheux, tous plus ou moins risibles ou navrants, poursuivant de bas intérêts et incapables de voir le début du commencement du Beau.
Caricatural? un peu, forcément. Mais on sourit devant les personnages bêtes et fas. On reconnaît, hélas, il faut l'admettre, nos voisins, nos collègues, notre cohorte de proches... Et bien des gens importants...
L'auteur se moque un peu de nous, un peu d'elle, un peu des autres. Et elle a bien raison. On oublie bien vite que l'absurde est plus grand que tout. Que les Mots avec des majuscules, les pensées profondes avec ou sans numéro, sont plus importantes que des vacations farcesques.
Le monde est comme ça, sans doute.
Et bien ce livre est un peu une parenthèse, qui nous fait croire, en trompe-l'oeil, que les destins peuvent changer. Que la vie peut être différente, en meilleur ou en pire. Qu'on n'enferme pas tous les possibles dans une boite si facilement que cela.
La vie déborde, fatalement.
Et c'est cette énergie déferlante qui coule dans les lignes.
Donc à lire, avec bonheur ou larmes. A lire et à prêter, parce qu'on dévore sans souci ce roman dous-amer.