Dimanche 26 août 2007
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Comme souvent, je fonds par crise en effusion de consommation. On parle, et on a bien raison, de fièvre acheteuse. (Ce qui ne manque pas d'un certain piquant d'espiéglerie
vétérinaire.)
Pas de grave dysfonctionnement à mon niveau. Pas de surendettement merci. Pas de pulsion morbide ou auto-destructrice.
Tout juste le plaisir sain de consommer, inculqué dès mon plus jeune âge. Je me destresse au chéquier. Je me soulage à la carte bleue.
Oui, plaisir d'offrir. D'abord à moi-même. Puis à mon homme aussi, ou à d'autres parfois.
Bon, ma dernière victime est donc ue X-box 360 Elite, avec quelques jeux, et on imagine bien que ce n'est que le début d'une longue série d'achats stériles mais relaxants.
Pourtant, avec le temps, misanthrope que je tends à devenir, la foule des magasins me devient de plus en plus pénible. J'aime les gens, certes, mais pas tous, et certainement pas quand il s'agit
de faire la queue pour passer en caisse.
Alors il y a le net, oui, Ma Mazon en tête, toujours fidèle. Comme tous les proches, Ma Mazon m'a déjà déçu, mais j'ai su lui pardonner et notre histoire, vieille de quelques années maintenant,
est une belle relation florissante.
Le fait de pouvoir me faire livrer chez BiBifoc, désormais, y est pour beaucoup. J'y ai gagné la boite aux lettres fiables que ni mon immeuble, ni Cityssimo n'ont vraiment su me donner. Encore un
signe supplémentaire de la main-mise que BiBifoc a posé sur mon âme. D'ailleurs si tout va bien, je signe le pacte de mon sang en Septembre.
Et il serait grand temps, vu comme je me démène.
Est-ce le début d'une grande et belle carrière ? Est-ce le lancement d'une armada nouvelle, d'une équipe dynamique, d'un rêve come true ?
Sans doute... (moue dubitative)
Mais c'est surtout le moyen que j'ai su trouver pour financer mes pics d'achat. L'argent rentre, il ressort. A peine le temps de digérer des intérêts. Je ne suis qu'un seuil. L'argent
liquide me traverse comme un fluide vital que j'ai tôt fait d'éliminer. Qui me régénère ? Les jours ouvrés ? Les heures supplémentaires ? Il me faut, c'est le petit arriviste qui avait vu juste,
gagner plus pour vivre moins. Le stress accumulé se décharge à chaque dépense. L'équation, nécessairement, doit servir quelqu'un.
La croissance ? La patrie ? Mon patron ?
Je sens confusément que j'ai délaissé les sciences et la gloire dans tout ça, et que mes amis, au fil des avis de naissance ou des invitations que j'ai ratées, continuent leur existence sans
moi.
C'est le prix à payer, sans doute, pour aimer ce qu'on fait. On verra si 2008 m'appartient plus, je vais m'y atteler dès maintenant. L'investissement long terme, sans doute,se déduira de quelque
chose.
Et c'est ainsi que passent les jours.