Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 20:09

Il faut le calme qui descend.
Il faut la paix du crépuscule.

Il faut des cigales le chant.
Il faut le soleil qui recule.

Oui, à chaque jour suffit sa peine. Surtout quand, au soir tombé, on peut s'asseoir sur un banc, sur une colline. Contempler l'oeuvre de la journée. Ou la nature.

Avoir cette satisfaction d'être, d'avoir été... de devenir.
Habiter l'instant, confiant, serein.
Je sens cet instant très rural, loin du brouhaha du paraître, du tumulte inutile des gens qui se bousculent mollement.

Tout le monde devrait pouvoir ouvrir ce moment de grâce, le tenir un peu, le garder.

Mais souvent, les semaines passent sans ces pauses. On en oublie le sens du vent. On en oublie l'humeur des saisons.
On fonce, on abat la tâche, sans même profiter vraiment de l'intensité des succès ou de l'amertume des échecs.
On va comme une machine qui enchaîne les mouvements, absurde ballet.

Pourquoi se perd-on en chemin? pourquoi, sur la carte, finit-on par vouloir se satisfaire de jouer à Farmville comme un boeuf pour des gratifications virtuelles (et couillones) au lieu de vouloir, quand la soirée vient, s'asseoir en terrasse dans un soleil clément, les sens en éveil, l'âme en paix?

L'homme est un étrange projet.
Et c'est ainsi que les jours passent. 

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 17:24

Les larmes ne soignent rien.
On a beau vouloir se libérer de la peine, on continue à souffrir.
Foutue empathie.
Ce n'est pas moi qui suis mort. Ce n'est pas moi qui ai été harcelé. Ce n'est pas moi qui ai tout perdu.
Et pourtant, oui, c'est moi qui pleure.

Moi seul parfois, quand la nouvelle est sur mon écran. Moi et les autres, pendant cette cérémonie d'hommage, mi déprimante, mi réconfortante.

Devant cette fresque, dans cette église immense, je cherchais un sens. Un meaning.
Quel symbole pourrait détenir la clé?


Le père défilait son homélie. J'ai du mal à croire qu'il s'agissait d'amour divin ou non. Le parrain était plus limpide. Ce mélange de chaleur et de détresse qui pointait à peine.
Je n'aurais pas dû, sans doute, regarder la vidéo de Joel Burns dans la matinée.
Beaucoup d'un coup. Comme une éponge trop pleine, je déborde d'émotions. Contradictoires.

 

L'ataraxie serait rassurante. La sérénité de l'attente à la rivière.

Et les larmes viennent évidemment.

Je sais que j'oublierai, mais je ne sais pas quand.

 

Et c'est ainsi que les jours passent. 

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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 08:47

Noël et ses paquets.
Noël et ses souvenirs.

Le pour, le contre, on ne sait plus. Le papier bleu fin avec des étoiles ou le papier rouge épais avec des sapins ?

On voit par là combien la vie est compliquée.
Mais le gouvernement nous rassure : il n'y a pas de pagaille. Dans les têtes, dans les coeurs, ce n'est pas la tempête. Il n'a pas neigé et le blanc manteau qui endort, qui emmitoufle, n'est qu'une illusion d'optique.
Avec ou sans flocons, il faut se taire, accepter, subir. Tout est tranquille au fond.

Comme les marronniers, comme l'éternel retour, on est renvoyé par la répétition à cette identité atemporelle. Le moi d'hier et celui de demain font les mêmes gestes qu'aujourd'hui. Couper, plier, scotcher.

Et l'on n'oublie pas non plus le choix des cadeaux. Et la répartition. Et toujours les mêmes recommandations. Et toujours les mêmes absences.
C'est fête, ou plutôt fête moins le quart.

Comment le temps peut-il être aussi espiègle ?
Est-ce qu'il nous pousse, en vitesse de croisière, comme sur un long fleuve tranquille traversant des rivages familiers ? ou bien est-ce qu'au fond il ne bouscule pas, nous poussant régulièrement sur ces récifs inconnus ?
Rien n'est simple. Quand bien même on voudrait dormir, il y a sous l'épais tapis neigeux une vie cachée, une activité hivernale. Disons même une fébrilité secrète.

Chaque évènement crée une impatience, soit d'affronter l'inédit, soit d'en finir avec le déjà vu. Même la barque au fil de l'eau n'est pas inerte. Même les yeux fermés, on sent le balancement, on entend le clapotis. On frissonne, sans doute, quand la brise nous frôle.

Tout devient un symbole de soi et d'autre chose. Tout prend un sens confus qu'on contourne, faute de pouvoir absorber. Le monde entier, comme une énormité, vient se frotter à notre esprit perplexe. On ne sait plus si l'on doit seulement s'arrêter pour réfléchir ou profiter du voyage.

Pas de panique, préconise le guide. Pas de pagaille, promet le ministre.
Et je me demande si j'aurai assez de papier cadeau pour embellir toutes ces choses qui s'accumulent dans mon placard. 

Et c'est ainsi que les jours passent. 

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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 14:56

It gets better.

 

C'est aussi simple que ça.

Messages. Témoignages. Discours. Plaidoyers.

 

Parce qu'il ne faut pas oublier que ça va s'arranger.

 

C'est vrai là, évidemment : it gets better

 

Mais c'est vrai dans l'absolu. Ne pas perdre l'équilibre quand les choses vont mal et que le monde vous jette à terre, vous mets en miettes, vous écrase le ventre.

 

Tout n'est pas noir, même si tout n'est pas rose.

Les envies, les espoirs,

ça veut dire que ça vaut le coup

 

Worthwhile. Comme tout ce qu'on cherche, tout ce qu'on veut vendre.

Comme tout ce qu'on promets.

 

On doit chaque jour difficile espérer un autre jour meilleur, et chaque jour plus facile profiter de ce qu'on oublie trop facilement.

 

It gets better, sure. And don't forget to enjoy it when it does.

 

Et c'est ainsi que les jours passent

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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 18:52

Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef

Debout, j'ai le courage de ma peur écrasée
C'est un jeu où j'aime faire semblant d'oublier

Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Tu es là, près de moi et je ne t'ouvre pas

Je suis toujours à l'âge où obscur et clarté
Se mélangent sans gêne dans ma tête brûlée
J'aurai toujours cet âge, sans pouvoir le nommer
Âge de la peine, prête à se réveiller

Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Tu es là, près de moi et je ne t'ouvre pas

Mon corps est une cage qu'on lui a fabriquée
Il a dit "Amen" sans jamais pardonner
Je suis toujours à l'âge où je m'entends crier
Je résonne même quand ma bouche est fermée

Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Mon corps est une cage qui m'empêche de danser
Avec l'homme que j'aime, et moi seule ai la clef
Mon corps est une cage.

 

 

(Jeanne Cherhal - Régine Chassagne)

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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 11:41

Je ne comprends pas, plus je la fréquente, cette envie d'être star à tout prix.

Car ce n'est pas seulement l'affirmation de l'identité qu'on voit partout, sur le net ou ailleurs. Ce n'est pas seulement partager sa dernière vidéo pour la montrer à ses potes. Ce n'est pas seulement poser "sur le papier" numérique ce qu'on a fait.

Ce n'est pas seulement faire oeuvre de témoignage, or whatever.

C'est la quête sempiternelle du quart d'heure de gloire, accéléré encore par l'instantanéité moderne.

C'est la recherche de cette célébrité express, vite acquise, vite perdue. Clic.

 

Je frémis souvent de l'indécence de ces pages. Je ne parle pas que des pervers de chatroulettes, des photos de bites ou des autres obscénités affichées sans sourciller.

L'indécence qui me touche le plus, c'est cette volonté de tout montrer aux amis d'amis d'amis.

Avec les six degrés de séparation, finalement, ça fait du monde.

 

Peut-être suis-je, à ma manière, limité, handicapé, demeuré, autiste. Coupé de ce monde moderne où tout s'affiche.

Tenir un blog, même si je ne le fais plus guère, est peut-être la seule mesure d'impudeur que je peux m'offrir.

 

Plus que la prétention infinie de croire que tout cela vaut pour tout le monde, est intéressant pour tout le monde, c'est finalement l'impudeur qui me gêne,

L'impudeur de toute cette gratuité. Offrir une part de soi, c'est généreux, de mon point de vue. Offrir, donner.

Mais là, dans notre univers individualiste, même la générosité devient égoïste et plus d'une fois, les gens qui "s'offrent" ainsi le fond avec une arrière pensée d'ambition ou de gloire. Mêmes les martyrs, qui sourient dans la douleur et cherchent des yeux la caméra, deviennent un peu suspect. Tous les regards cherchent des objectfs.

Tous ces gens qui partagent en sachant que la gratuité n'existe pas, que tout lien crée une obligation, que ces dons, mêmes inutiles, même sans valeur, devront être payés de retour. Il y a toujours quelque chose à vendre.

Moi, en promotion. Moi, en tournée partout où je passe. Ma vie. mon audimat, mon public fidèle. Mes amis. Mes fans.

La frontière entre "l'amateur" et le professionnel est dans la mise en scène : est-ce que la caméra est allumée?

Toujours, partout, on tourne.

Ils le savent bien.

Ils sont en représentation.

 

Quand tout devient du théâtre, où sont les coulisses?

Rideau.

Dans le silence de sa loge, l'acteur se démaquille, tombe le masque. Il savoure aussi ce repos qu'est l'absence de public.

Et c'est ainsi que les jours passent.

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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 18:12

Quand je lis un livre avec des théories extropiennes sur la transhumanité, j'en viens à attendre la suite.
L'avenir même le plus atroce qu'on nous promet semble mieux que la médiocrité et l'inertie d'aujourd'hui, à plus d'un titre. On échangerait volontiers l'intangible promesse, visiblement palpitante, contre la monotonie du concret.

Cette impatience qui voudrait nous faire aller toujours plus vite, plus vite que la musique. L'histoire au pas de course.

 

Il y a comme une envie de fast-forward, de marche forcée dans les coeurs qui s'emballent.

On nous promet que demain sera meilleur, plus durable ou que la planète sera détruite.
On nous promet que les choses sérieuses commencent.

 

Le marketing est réussi : c'est comme pour la sortie de l'iPad, on n'en peut plus d'attendre.

C'est la force des besoins factices, des envies qu'on nous télétransmet : l'homme moderne sait se persuader qu'il attend le tournant de sa vie, et tout ce qu'il vit sait l'y pousser.

 

Certes, je parle de la vie sans urgence, sans nécessité des bobos coupés de tout. Oui, je parle sans doute du haut du confort de ceux qui ont dépassé l'économie de la survie.

Mais qu'importe... je crois voir que cette aspiration à un "bientôt" n'est pas qu'en moi. Elle est partout.

 

Pas seulement dans l'avenir meilleur ou le lendemain qui chante. Mais elle est éternelle : demain le prince qui viendra. L'herbe plus verte à côté.

L'ailleurs, le mieux, le rêve.

 

A portée de main.

Mais est-ce la patience ou l'impatience qu'il faut cultiver ?

Est-il urgent d'attendre ou superflu de se hâter ?

Est-ce que les choses arriveront malgré nous ou a-t-on un rôle à jouer dans tout cela ?

 

Rien n'est clair. L'horizon si désirable est illisible... à la fois limpide et mystérieux. C'est le secret de notre coeur qui nous hante. La potion de nos envies, fugitives et éternelles.

On court les yeux fixés au loin et, tendus vers l'objectif, on oublie que le trajet est aussi important que le but. Que le voyage vaut souvent toutes les destinations.

 

Et c'est ainsi que les jours passent.

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 20:38
J'avais naïvement cru que les journalistes incarnaient, je ne sais pas, une sorte d'élite. Que le traitement de l'information était une vocation intellectuelle, ou au moins nécessitant un minimum de bagage et de compréhension.
Mais on a l'élite qu'on mérite.
Et de nos jours, on doit constater qu'on ne mérite pas grand chose.
On mérite l'équipe de la matinale de France Info. Avec leurs interviews molasses. Leurs histoires du jour qui confondent l'info avec l'anecdote ou la bouffonnerie.
Et surtout avec une rédaction capable de confondre "devoir de réserve" avec "droit de réserve" ad nauseam.

Le pauvre gendarme éjecté de l'armée parce qu'il a outrepassé son "droit de réserve", c'est non seulement absurde, mais c'est le signe d'une confusion, d'une approximation complète, d'une impréparation absolue.
C'est la formule qui l'emporte sur l'idée, c'est le ton qui l'emporte sur le propos. Et chacun, perroquet d'antenne, répète fidèlement la connerie avec l'air d'être sur la brèche.
Bon, je suis mauvaise langue car un des "speakers" vaguement plus éveillé que les autres s'est autorisé à corrigé le droit en devoir...

Quelle confusion des genres! Quel triste portrait de notre société!
Quand les journalistes ne pensent pas plus que les brèves de comptoir...
Quand tout un chacun confond droit et devoir sans sourciller...

L'intérêt collectif, c'est clair, n'est plus qu'une addition des intérêts individuels.
Et c'est ainsi que les jours passent.
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 23:31

On y est.

Un clic, pof, on y est.
Révélation d'un coup : la rupture de truc, la naissance de bidule, la maladie de machine...
Il se marie, elle est virée, ils emménagent.
La roue tourne.

Je devrais, sans doute, être fasciné par certaines découvertes.
Parfois, je suis attendri.
Parfois, juste, narcissique que je suis, je me demande ce que moi j'écrirai.

Ce qui, de ma vie anonyme, devrait faire le gros titre.
Ma réu du lundi après-déj? Mon call de mercredi 17h? Ma vague pause au café?
Mon retour dans le blizzard? Mes soldes près des galeries?
Mon gobelet confiture de lait spéculoos glace vanille?

On a rêvé mieux pour moi. Et, let's face it, on rêve encore.
Je repense à ce camarade (ou presque) qui me disait récemment qu'on le traitait comme un raté. Comme un gars qui avait déçu tous les espoirs que les autres avaient placé en lui.
So what?
Les espoirs des autres, il devrait s'en balancer. Et se concentrer sur les siens.
Le problème c'est surtout de savoir s'il assume ses choix.
Ou s'il se rallie à l'avis des autres.
Il ne m'a pas dit. J'ai senti qu'il ne fallait pas creuser.

Alors quoi? qui imagine vraiment Sisyphe heureux?
Qui peut croire que la douleur, la peine, le rocher valent le coup? que le sommet, éphémère ou non, est une étape et pas un but?

Qui croit vraiment à ces rhétoriques qui consolent?
Absurde oui. Abrutissant oui.
On ne peut pas fixer le néant sans fin : c'est comme les films en 3D, à la longue, ça fait mal à la tête.
On peut détourner le regard, jouir, profiter, flâner, sans pour autant se saouler de distraction ou oublier l'abysme.

Newsflash : on pense à pas grand chose et c'est pas grave.
Gros titre : rien de nouveau et c'est pas plus mal.
Première page : ma journée a filé à toute vitesse.
En une : l'inoubliable sera pour plus tard.

Car fatalement, l'inoubliable sera sans doute ce qu'on voudra enterrer sous le sable de toute façon.
L'inoubliable détresse ou la peine infinie éclipse toujours la douceur suprême ou la quiétude joyeuse.
Les drames de train font frémir les rotatives que le train-train le plus heureux endort.
Et c'est ainsi que les jours passent.

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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 00:28
Le 27 Janvier, chacun sa grand messe.
Moi à BibiFoc, avec un randam rythmé par Gwen Stefani (the sweet escape, yeah, you wish)
Le nain mégalo à Davos, avec sa énième répétition du discours qui n'engage que ceux qui y croiront (oui, on va moraliser les marchés financiers, bien sûr, parce que la morale est définitivement le maître mot de son action : Fouquet's, EPAD, Proglio...)
Et le gourou du fruit croqué qui se frotte l'ardoise goulument avant de la tapoter pour les caméras (au moins, il saura avec quoi additionner les chiffres de vente qui s'annoncent déjà colossaux)

Chacun vit sa journée, avec sa sphère, sa rumeur, bousculant et croisant chaque autre monde au passage. Oui, on échange. Oui, internet. Oui, dialogue, culture, whatever.

Mais à la fin de la journée, au final, qui se soucie de ce que j'ai fait ?
On a toujours le doute que cette journée de plus (ou de moins, selon les perspectives) n'ait pas vraiment existé ailleurs que dans notre tête.
Quelle preuve en reste-t-il ? Qu'est-ce qui, taratata, nous prouve donc que demain sera bien un autre jour ?

Elle disait "I can't think about that right now. If I do, I'll go crazy. I'll think about that tomorrow."
Et on voit par là combien l'homme (et la femme aussi, visiblement) est coincé entre le cycle et la ligne.
Le recommencement et le progrès. La répétition et l'évolution.

A-t-on jamais la réponse? Est-ce que, même quand on croit qu'on a parcouru toute cette vie, toutes ces journées, qu'on a accompli pas à pas toutes ces choses, on ne risque pas de se retrouver face au reflet de l'Eternel Retour ?

Je n'en sais rien. Chaque jour, à la radio, Olivier Delagarde me manque le matin. Chaque jour, j'essaie de me consoler avec les rubriques sans saveur de ses successeurs qui, malgré leur bouffonnerie ou leur effort, n'arrive pas à retrouver son ton. Et je me replonge dans cette succession. Les souvenirs, les mots, les sensations me reviennent confusément.
On a la madeleine qu'on peut, et je crains que la mienne soit plus un gel douche, ou plutôt une sensation bizarre de non-déjà-vu qui me vient en écoutant france info dans le bain.
Oui, de ces pages empilées, du livre inconnu de ma mémoire, surgit la certitude que je n'ai pas déjà vécu cette succession de minutes. Vierges, elles n'attendent qu'un peu d'élan pour être connues.
Ainsi, convaincu que chaque pas, chaque clic, chaque mot, chaque effort s'ajoutent aux précédents, on avance en croyant à une direction, à un sens. Fort de cet avant qui nous promet un après, on oublie les boucles.

Et c'est ainsi que les jours passent.
Et c'est ainsi que les jours passent.
Et c'est ainsi que les jours passent.
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