Il faut le calme qui descend.
Il faut la paix du crépuscule.
Il faut des cigales le chant.
Il faut le soleil qui recule.
Oui, à chaque jour suffit sa peine. Surtout quand, au soir tombé, on peut s'asseoir sur un banc, sur une colline. Contempler l'oeuvre de la journée. Ou la nature.
Avoir cette satisfaction d'être, d'avoir été... de devenir.
Habiter l'instant, confiant, serein.
Je sens cet instant très rural, loin du brouhaha du paraître, du tumulte inutile des gens qui se bousculent mollement.
Tout le monde devrait pouvoir ouvrir ce moment de grâce, le tenir un peu, le garder.
Mais souvent, les semaines passent sans ces pauses. On en oublie le sens du vent. On en oublie l'humeur des saisons.
On fonce, on abat la tâche, sans même profiter vraiment de l'intensité des succès ou de l'amertume des échecs.
On va comme une machine qui enchaîne les mouvements, absurde ballet.
Pourquoi se perd-on en chemin? pourquoi, sur la carte, finit-on par vouloir se satisfaire de jouer à Farmville comme un boeuf pour des gratifications virtuelles (et couillones) au lieu de vouloir, quand la soirée vient, s'asseoir en terrasse dans un soleil clément, les sens en éveil, l'âme en paix?
L'homme est un étrange projet.
Et c'est ainsi que les jours passent.