Mercredi 27 mai 2009
Joué à Plants vs zombies.
Aussi bien qu'on pouvait le prévoir. Et bien sûr, cette fois, en plus de la qualité, PopCap décroche la visibilité "gamer" qu'aucun autre titre n'a pu lui conférer.

Comme quoi,  a bunch of zombies can go a long way.
On sous-estime les vertus des cadavres en décomposition.

Comme d'hab, tout est ciselé, bien creusé, avec du détail et des clins d'oeil. Ecole casual gaming, mais avec tout le buzz "élite" d'un jeu gamer indé. On croirait rêver.
Bref.... espérons que c'est le premier hybride du genre, prometteur d'une longue série.
 et on verra si le buzz promet du succès, aussi.
Par XS - Publié dans : + de jeux
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Mercredi 27 mai 2009

C'est dans les choses.
C'est dans l'air.

En trottant, flottant d'un rayon à l'autre, d'une vague de soleil à une parcelle d'ombre, je retrouve cette insouciance, cette légèreté d'être émerveillé. D'être un corps. De n'avoir comme projet que moi-même.
Je me souviens de ces fin d'après-midi sur la terrasse du moulin, côté jardin, en été. Les pierres chauffées par le soleil qui déclinait. Après s'être baignés près de l'écluse, on venait se sécher là, allongés sur le sol. Dans ces heures muettes, on s'autorisait parfois, exceptionnellement, un goûter plus tardif qu'à l'habitude car il faisait jour tard et qu'on ne dînerait pas avant 21h. On lézardait, pas écrasé par la lumière qui se faisait rasante, mais plutôt grillé par cette chaleur montant du sol. Il y avait là une sensation primale, intense. Agréable mais à la limite du trop. L'eau glacée de la rivière filait et on séchait plus vite qu'on ne croyait. Les yeux clos, je ne songeais même pas à lire. J'oubliais d'avoir envie d'autre chose qu'être là, qu'être moi, couché sur la pierre. Cet instant, cette terrasse, gagnait quelque chose d'éternel, d'absolu.

Rien à voir ce matin, rien de commun. Pourtant, je sentais comme une similitude estivale. Derrière mes lunettes fumées, derrières mes paupières mi-closes, j'entrevoyais un lien ténu, une faille s'ouvrant sur ma mémoire. Les souvenirs étaient toujours là, à portée de main, avec tous les autres qui comptent tant.

On ne revit jamais ces heures fondatrices et pourtant elles s'invitent encore, à leur envie, L'heure bleue, la main sur le crépi, la terrasse du moulin, l'ascension au Bosphore... je voudrais garder le meilleur. Oublier le pire, même si, parfois, les images me reviennent, vidées de toute la douleur, épuisées de tout poids.

Peut-être qu'on joue à cache-cache avec ces sensations. Peut-être qu'on ne se construit de nouveaux souvenirs que dans le vague espoir de recroiser les anciens.
Et c'est ainsi que les jours passent.

Par XS - Publié dans : + de jours
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Vendredi 15 mai 2009
On leur a brisé le coeur d'un mail nonchalant de rupture glacée.
On les a licencié salement en leur proposant, mépris mondalisant, un reclassement à 99.99 euros par mois en Inde.
On leur a refilé un virus mortel qui a déjà fait mourir à petit feu tous leurs proches.
On leur a pris leurs enfants après une sale séparation.
On les a reconduit à la frontière pour remplir un quota.
On les a jeté à la rue parce qu'il ne fait pas si froid.
On les a mis en prison.

Depuis l'esclavage, depuis les âges sombres, la misère humaine a changé, mais le malheur est toujours là.

De quel côté de la ligne, de quel côté de la barrière, va-t-on tomber ?
Ouf, le soleil, le sourire... encore chanceux, encore heureux.
C'est le mois de Mai. Les porcs du Mexique peuvent bien geindre, je reste en bonne santé.
Imperméable à la misère, je persiste, je persévère.

Et c'est ainsi que passent les jours.
Par XS - Publié dans : + de jours
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Mercredi 13 mai 2009

tgv

Pouf.

Le temps file.

En l’espace de deux petits jours, demain devient hier.

L’avenir se périme à vitesse grand V.

On court toujours et le BPM n’est jamais assez haut.

On peut toujours faire mieux, et mieux c’est plus.

 

On dort moins. On mange plus vite et moins bien.

On fonce.

Full speed ahead. Endless rush. Crunch time. Whatever…

On se voit pas devenir un homme pressé.

On oublie vite que le paysage flou qui défile n’est pas qu’un décor. Le train fonce. Les rails.

Les gens laissés sur le quai.

Les bagages abandonnés.

Tôt ou tard, on sera à bout de souffle.

 

Un monde épuisé. Une société en excès de vitesse.

 

Parce que flâner, profiter, savourer est un luxe improductif.

 

Et c’est ainsi que les jours passent.

Par XS - Publié dans : + de jours
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Lundi 4 mai 2009
Tu n'as pas cherché à me voir
Le vent a tourné
Comme le linge dans le séchoir
J'ai tout mélangé
Le sommeil et les mots
Mais tu n'as pas cherché à me voir

Tu étais sûrement occupé
À couper les ponts
À monter des murs
À chercher des frissons
Ou des bouffées d'air pur
Mais tu n'as pas cherché à me voir, à me voir

Et puis un jour, on accepte les choses
On se recroise, mais pour se dire au revoir
Goodbye
Mais tu n'as pas cherché à me voir
Alors un jour, on regarde les choses
On se dira un mot, on se dira au revoir
Goodbye

Trop tard pour se retourner
Trop tard pour se retrouver
Trop tard, trop tard, il est trop tard
Mais tu n'as pas cherché à me voir, à me voir
Tu n'as pas cherché à me voir

(la grande sophie)
Par XS - Publié dans : + de trucs
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Mercredi 8 avril 2009
J'étais une jeune fille ou bien un garçon
Je ne sais plus très bien
Au bord de la ligne de l'indécision
Il y a le mois d'avril qui passe

Quand le mois d'avril s'échappe
Je me pose de drôles de questions
Quand le mois d'avril s'échappe
Je regarde pousser les bourgeons

J'étais une fleur ou bien un poisson
Même fanée, je buvais la tasse
Dans mon aquarium, au cœur des saisons
Il y a le mois d'avril qui passe

Quand le mois d'avril s'échappe
Je perds tous mes repères
Quand le mois d'avril s'échappe
J'oublie les sensations

Les instincts fragiles, les parfums de déjà-vu
Le moral en exil et les portes sans issue
Les jours difficiles, les envies en garde à vue
Quand est-ce que tout commence ?
Dis-moi, dis-moi

J'étais un orage ou une dépression
Dans le ciel se comptent les doutes
Parmi les nuages, il y a un rayon
De soleil qui chasse les gouttes

Quand le mois d'avril s'échappe
On a déjà changé d'heure
Quand le mois d'avril s'échappe
C'est pour laisser place
Au joli mois de mai
Joli mois de mai qui va tout changer
Moi de même, joli mois de mai

(la grande sophie)
Par XS - Publié dans : + de trucs
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Mardi 7 avril 2009
Je ne saurai jamais, c'est sûr, à quel point c'est génial d'être un ado californien friqué dans l'Amérique d'Obama, ni un trader surfant Wall Street avant la crise.
J'ai même raté, si je n'édite pas trop ma mémoire, le coche des MCDLP (mecs cools de la promo).
D'un autre côté, je me console en me disant que je ne serai pas une bergère tamul, ou une paysanne chinoise, ou un guérillero en Amérique du Sud.

Il y a tant de vies qu'on loupe. Qu'on n'effleure même pas. Non, ça ne nous touche pas. On connaît à peine leur appellation, leur titre. A peine leur existence.
Ces milliards de vies passées ou à venir.
Et ces contemporains qu'on ne prendra pas le temps de contempler.

Si on pouvait faire pause (With my freeze ray I will stop the world...), on pourrait prendre le temps de souffler. De penser. De comprendre.
Prendre le peu de distance aux choses qui nous aiderait à mieux saisir la vie.

Mais voilà, non. On ne peut pas. On ne pige pas. On doit se contenter de constater amèrement.
On en garde, dans un aéroport ou dans le métro, la vague sensation que le monde est plus doux pour ceux qui ont la chance d'être au bon endroit au bon moment. On croise ces connards qu'on souhaiterait détester un peu plus ou imiter mieux. Leur vie respire l'aisance, le plaisir, l'insouciance.
Rien ne semble les miner.
On imagine même pas qu'un problème quelconque puisse peser sur eux.
Et on les laisse comme on les trouve, intouchés, exaltés, heureux.
Ils rient d'une blague qu'on n'a pas entendues alors qu'on fonce déjà, entre des foules boiteuses, vers nos tâches angoissées.
Secrètement, on nourrit le voeux que leur inconséquence soit trois fois punie.

Et c'est ainsi que les jours passent.
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Lundi 6 avril 2009
Absolue étrangeté : là Titi appelle sa BFF Jen à plus de sérénité et menace de ne plus adresser la parole à JB s'il continue à draguer Miss Lolo. Ici, c'est F. de l'assoce FnRSuP qui s'extasie (ou s'indigne) devant un truc insupportable (ou génial) arrivé ce week-end.
Partout, les gens ont des trucs énormes à partager.
Bien sûr, oui, on y comprend rien.
On devine vaguement, à peine, que cela a un sens. Que cela compte pour quelqu'un, quelque part.
L'avalanche d'information, ce fracas virtuel, n'émeut plus grand monde au final.
Too much information? Ben c'est surtout "not enough attention".
On a bien autre chose à faire que filtrer tout ça.
Il y a quelques années, encore, on pouvait browser l'essentiel de ce qui nous touchait. Mais maintenant... j'ai comme cette sensation qu'on est passé de l'âge d'or des encyclopédistes, ces savants qui pensaient pouvoir rassembler TOUT le savoir humain, au siècle touffu des experts, où chacun gère au mieux, marketing compris, son domaine réservé, partageant assez pour susciter l'intérêt, mais pas trop pour ne pas être détrôné.
Que vaut le savoir de nos jours? Que vaut le secret?
On lance son intimité au visage d'inconnus tout en revendiquant l'anonymat d'une foule virtuelle. Unique et pourtant fondu dans la masse.
Au final, c'est sans doute la question de l'identité qui revient cruellement quand, en temps de crise, on doit moins s'étendre, moins s'étourdir en distractions, et plus revenir vers soi, plus se demander ce qui compte.
Qui est-on aujourd'hui?
Qui est ce voisin résolument moderne et écolo, mais qui jette ses mégôts par la fenêtre et qui pousse son home cinéma à fond quand ça lui chante? Est-il un altruiste soucieux du bien-être de la planète ou un sale connard d'égoïste qui place son propre plaisir avant tout?
L'individualisme, hélas, n'est pas une identité. Il semble aujourd'hui quasi admis que l'intérêt collectif ne peut se définir que comme la somme des intérêts communs, sans alternative sous peine de voir briser toute coalition par le biais de déviation profitables à certains (de mon point de vue, je dirai que les déviations sont déjà là, il suffit de regarder ce que les plus riches et plus puissants arrivent à tirer du jeu... mais c'est une autre histoire).
Donc l'individualisme est plutôt, à mon avis, un renoncement de l'éthique, une paresse de la vision. Une évidence que l'égoisme moderne est absolu, comme la gravité. Cette loi de la physique, pourtant, devrait nous lier si on poursuit la logique. L'individualisme nous pousse à être ensemble non pas au service d'un intérêt supérieur, mais au service de nos propres petits intérêts. Et en cercles concentriques, en communautés d'intérêts plus ou moins rapprochés, on se réunit pour mieux profiter de tout cela. La société n'offrirait rien de plus.
Pas d'identité autre que la pelure d'oignon des intérêts cumulés.
Mais quoi... ces cercles concentriques de communautés d'intérêts ne suffisent pas à former une identité. Quand bien même on pourrait totalement calculer la "fonction d'utilité" d'une personne, on n'aurait pas tout saisi d'elle. Le modèle, en quelque sorte, tombe à plat.
On avait pourtant espéré, il me semble, prévoir toutes les dimensions de l'humain.
Mais on a perdu un je ne sais quoi. Un truc qui vibre et gratte.
Et sur les blogs, Titi continue à égréner la liste de ses doléances pendant que F. continue à essayer d'attirer l'attention pour fédérer quelques personnes autour d'une cause.


Et c'est ainsi que les jours passent.
Par XS - Publié dans : + de jours
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Mardi 31 mars 2009

Mon algèbre

J'apprends à calculer le sens de l'existence
Mais je suis débutant pour tant d'opérations.
Personne ne m'a appris à gérer la constance
Ou même à diviser mon coeur par les passions.

J'intègre tant de gens et leurs noms s'accumulent.
La somme à l'infini ne me rend pas malin...
J'en oublie la moitié et le reste s'annule.
Retour au point zéro : moi moins toi égale un.

De tout ce que je sais, les maths et la physique,
Rien ne m'a préparé à dériver mes choix
En fonction continue dans une vie classique.

Je développe au mieux les hasards qui m'échoient :
Si tu sais projeter mon bonheur sur demain,
On pourrait partager quelques facteurs communs.

Par XS - Publié dans : + d'archives
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Mardi 31 mars 2009

Tandoori et vodka, seconde prise.

J'ai commencé par une odyssée parisienne, un chemin qui me fait aimer la ville, à pied, malgré le ciel couvert. Quelques conversations chopées au vol, quelques images capturées au passage, des visages, des silhouettes. La ville m'offre ses bâtiments, sa foule. Les touristes s'amusent et m'amusent.
Pyramides, Palais du Louvre, Pont des Arts, Saint Michel, puis arrivée Contrescarpe. Achats en chemin (thé et jdr) puis cocktails à l'arrivée. PirW m'appelle : en retard. Emi m'appelle : Seb en retard. So what? ça arrive... Je suis pas démuni... L'attente me convient. Attendre, attendre, je sais faire. J'en profite même pour finir Fight Club. Je regrette juste qu'il fasse un peu frais. Avec un brin de soleil et quelques degrés de plus, le moment serait vraiment ultime. Mais là, je frissonne. Je repense à ma semaine.

Seb arrive. On papote et boit. On parle un peu de la semaine. De l'avenir aussi. Du boulot quand même. J'avoue que, professionnellement, j'aimerais croire que je suis à un "tournant". Cela dit, rien n'est entre mes mains. Je suis dans un véhicule roulant à tombeau ouvert et sans pilote. Et tout ce que je contrôle, au mieux, ce sont les essuie-glaces. Alors OK, les essuie-glaces, c'est important, mais ça nous sauvera pas. Enfin bon, c'est pas mon boulot le sujet de la réu. On recentre ça sur le rapport entre réalité des bonhommes et quadrillage. Sujet métaphysique s'il en est, surtout après des Blue Lagoon et des Tequila Sunrise... Autant dire que la réu prend une tournure moins professionnelle qu'on aurait pu vouloir. Heureusement, Flu et PirW nous rejoignent et on va manger Au hasard de nos déambulations et de nos délibérations, c'est un restau indien dans lequel nous nous installons.

Puis on enchaine, avec Emi et CouG, sur notre bar "en haut sur la montagne", là où la vodka est au caramel (ou à la menthe). Flu et moi, on gonfle tout le monde avec nos blogs (tant qu'on y est, autant que ça serve à quelque chose). Dans la fumée et la salle bien remplie, l'heure tourne. Coug rentre. On raccompagne Seb et Emi au RER. Restent le trio WW : PirW, Flu et XS. On marche un peu histoire de trouver un point de chute, mais rien ne nous convient : trop de monde, pas assez... Je crois que j'ai mon compte et je m'avoue vaincu. On rentre aux Noctambus. Bon, moi je rentrerais bien à pied mais mes comparses me convainquent que marcher c'est chiant finalement. Et c'est vrai que bon, j'ai déjà donné dans le domaine.
Suivant leurs conseils, j'abandonne donc lâchement mes deux compagnons pour sauter dans le E qui passait là. Il me ramène sur mon territoire. Encore quelques pas. Quelques minutes. Il faut toujours un poil trop froid pour que je profite à fond de l'instant. Cette soirée, ces rues, ces airs dans ma tête. C'est la même chose cent fois. C'est le sillon de l'habitude dans lequel je m'engouffre sans réfléchir, et avec joie même. Ma rue, mon marchand de journaux, mon immeuble, mon étage, ma porte, mes clés, mes chats... En allumant mon ordi, je repense à Tyler Durden et je me demande, secrètement, si mon gourou intérieur n'a pas pris le contrôle de ma vie, pour le meilleur et pour le pire : je porte une force qui me dépasse.

Par XS - Publié dans : + d'archives
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